Chronique


Est-ce qu’il s’agit d’un phénomène nouveau?

Le fait que des entreprises étrangères ou des acteurs publics mettent en place des projets agricoles dans les pays en voie de développement n’est pas nouveau. Il suffit de penser aux plantations coloniales des Européens en Afrique ou aux compagnies fruitières qui contrôlent des régions entières en Amérique centrale. Cependant, l’ampleur, la dynamique et les causes structurelles qui caractérisent l’évolution actuelle, sont tout à fait récentes.

Cette nouvelle vague d’investissements a commencé vers 2000 et s’est fortement accélérée à partir de 2007. La croissance démographique mondiale, la surconsommation dans les sociétés post-industrielles et le changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents ont amené à une demande en produits alimentaires qui est structurellement en hausse. Parallèlement, de nombreux gouvernements ont commencé à forcer la production de carburants à base de plantes énergétiques, lesquelles entrent en concurrence avec la production d’aliments. Le résultat est une augmentation des besoins en surfaces agricoles et une envolée des prix alimentaires qui a attiré des nouveaux investissements.

En même temps, l’éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis à partir de 2007 et la crise financière qui s’ensuivit, a fait que le monde financier a cherché de nouvelles formes de placements sûrs et promettant des rendements élevés. Les investissements dans des plantations agricoles semblaient parfaitement correspondre à ces deux critères. La libéralisation des échanges commerciaux et la prolifération de traités d’investissement ont également contribué à la ruée vers les terres agricoles.

Quels sont les acteurs de l’accaparement? >

chronique